Editoriaux

Lundi 15 janvier 2007
 
Le dessein intelligent !!!
 
Dernièrement s’est tenue à l’ULB (Université Libre de Bruxelles) une journée de recyclage pour les enseignants du degré secondaire. Connaissant certains des animateurs, j’ai eu l’opportunité d’y assister. Le sujet débattu était « Création et Evolution ». En effet, il semble qu’une recrudescence des croyances créationnistes en Europe se fait jour et qu’elle peut inquiéter bon nombre d’entre-nous.
On connaissait le phénomène aux Etats-Unis où des procès ont été intentés dans différents états afin de permettre l’enseignement du créationnisme au même titre que l’évolutionnisme darwinien : le plus célèbre d’entre eux étant le "procès du Singe » en 1925.
Reprenant une enquête menée par la revue « Le Monde 2 » d’octobre 2005[1], on peut y lire ceci : « A l’occasion d’une table ronde tenue le 1er août [2005] avec des journalistes du Texas, il [le président Bush] affirme que l’Intelligent Design devrait figurer aux programmes scolaires, au même titre que le darwinisme.
« Ces deux théories, assène le président, doivent être correctement enseignées de manière à ce que les gens saisissent la nature du débat. L’éducation ne consiste-t-elle pas à exposer les écoliers à différentes écoles de pensée ? »
Déjà, avant son élection, il avait promis s’il était élu que l’on enseigne le récit de la Genèse en même temps que la théorie de l’évolution en justifiant cette position par le soucis que l’éducation dans les public schools ait un fondement moral.
En Italie, même tendance du temps du gouvernement Berlusconi : la ministre en charge de l’instruction publique voulait également imposer cet enseignement.
Une approche analogue se dessine en Grèce, en Suède, en Pologne et même chez nos voisins hollandais !
Ces attaques sont très subtiles car on ne parle plus de créationnisme mais d’Intelligence Design (dessein intelligent), cela fait plus scientifique. Ses partisans estiment que la vie est si complexe qu’elle ne peut provenir que d’un esprit supérieur, un « designer intelligent » qui pourrait être Dieu ou une autre force surnaturelle ; pourquoi pas extraterrestre !
Malheureusement, des scientifiques reconnus lui ont apporté une certaine crédibilité.
Les professeurs de biologie et des sciences de la terre en général se trouvent démunis lorsqu’ils se trouvent face à des étudiants aux idées préconçues pour qui les livres sacrés sont « paroles d’évangile » (sans jeu de mots) et qui n’hésitent pas à rejeter l’enseignement officiel.
Aussi, je renvoie le lecteur à Stephen Jay Gould, ce biologiste évolutionniste bien connu par ses prises de position contre l’offensive, sous la bannière de la « science de la Création » des organisations fondamentalistes protestantes aux Etats-Unis.
L’un des derniers ouvrages qu’il nous laissa est intitulé Et Dieu dit : « Que Darwin soit ! »[2] débat du sujet. Il y défend le principe de non-empiètement (NOMA : Non-Overlapping Magisteria) entre science et religion afin de désamorcer dans un premier temps le combat sur le front de la biologie.
Il demande que chacun exerce ses compétences dans son domaine propre. En proposant ce principe, Gould n’adopte pas une position de recul par rapport à son combat constant mais il se bat sur un double front : contre les prétentions scientifiques inacceptables de certains théologiens américains et contre les extrapolations scientistes arrogantes de certains biologistes.
Pour développer son principe de NOMA, notre biologiste se risque à emprunter un terme peut-être un peu désuet au vocabulaire de la théologie chrétienne, celui de magister, c’est-à-dire enseignant. Les magisters de la science et de la religion ne doivent plus s’opposer. Chacun d’eux sont des domaines entièrement différents qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre à part qu’ils s’occupent chacun d’une facette essentielle de l’existence humaine.
La science est avant tout basée sur un ensemble de faits établis et les théories ou hypothèses avancées peuvent être confirmées ou remises en question. Les expériences qu’elles entraînent peuvent être reproduites. Par contre, le magister de la religion est basé sur des propositions fondées sur la seule autorité, érigés en dogmes. Aucun fait établi et reproductible n’y est possible. Ce magister est du domaine de la conviction intime personnelle et par cela même ne peut en aucun cas interférer avec le magister de la science.
 
Robert Six


[1] Dieu contre Darwin - L’Amérique de Bush à l’assaut de l’évolution, in Le Monde 2, N° 86 du 8 au 14 octobre 2005.
[2] Gould S.J. – Et Dieu dit : « Que Darwin soit ! », Editions du Seuil, 2000.
Par Robert Six
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Lundi 29 janvier 2007
                       - EDITORIAL -
 
Un GROS coup de pub !
 
Votre serviteur ne résiste pas à l’envie de se faire un petit plaisir.
Et dans ces matières, dès l’adolescence, on s’aperçoit vite qu’on est jamais mieux servi que par soi-même…
Donc, je vous livre ci-dessous le texte intégral d’un commentaire d’introduction que je viens de rédiger pour et à la demande de mon ami Phil Cooreman, qui est devant l’Eternel un grand chasseur de fossiles, invertébrés, vertébrés et apparentés, et dont certains d’entre vous se souviendront peut-être pour le fait qu’il avait dirigé une sortie de prospection l’année dernière dans la région de Couvin.
C’est que l’intéressé vient de céder avec brio à la tentation de créer un blog.
Vous savez, ce genre de mini site sur le Web, personnel et dynamique, qui est destiné à être un forum de discussion et à présenter des sujets divers.
Le phénomène est très à la mode, universellement connu, mais apparemment pas assez pour que le terme lui-même ne me soit encore refusé par la correction automatique de mon traitement de texte !
Saleté.
Et tiens ! « ajouter au dictionnaire ».
Non mais, des fois, je vais t’apprendre à obéir moi !
Ce n’est tout de même pas une MACHINE qui ne raisonne que par des « 1 » et des « 0 » qui va me dicter ce que je peux ou ne peux plus écrire, n’est-ce pas ?
Que disions-nous, ah oui !
Donc le Phil n’a pas créé un blog quelconque sur le thème de la généalogie, ou de la culture des hamsters ou l’élevage des cucurbitacées (c’est peut-être bien le contraire, tiens…) ni sur un sujet bizarre comme le jazz (private joke à l’intention de quelqu’un d’éminent dans notre association, qui se reconnaîtra, et qui fait aussi dans les numéros d’ailleurs).
Le thème du blog de Phil, c’est la Paléontologie, bien sûr. 
Alors je vous livre sans plus attendre le texte de ma prose, en vous invitant de toute urgence, toutes affaires cessantes, d’aller consulter son site « paleomaniac » à l’adresse suivante :
Merci pour lui !
 
(extrait)
 
Phil Fossil est une bête de la Paléontologie ! 
 
Il possède un physique très avantageux, sans doute prédestiné, car semblant tout entièrement taillé pour la recherche sur le terrain : un nez idéalement centré sur la figure, avec des yeux situés exactement au-dessus, qui ont en outre l’immense avantage d’être deux, ce qui lui donne une acuité visuelle quasiment parfaite. Cette faculté permanente d’analyse en trois dimensions se révèle être un atout considérable pour la prospection : elle le rend capable de reconnaître instantanément, par la couleur et le relief, tout objet intéressant, en distinguant immédiatement sur le sol sableux, dans les déblais et dans les roches, toute forme triangulaire, ou ovoïde, ou fuselée, ou cylindrique, ou étoilée, ou en spirale, ou déroulée.  
Voire indéfinissable : même les coprolithes ont très peu de chance de lui échapper…
Autre élément significatif, son ouie, qui me semble également bien développée : je le soupçonne même d’être secrètement capable, rien qu’à l’écoute attentive du crissement que fait sa griffe dans une couche de Kattendijk, de déterminer au préalable si celle-ci n’est constituée que d’Isurus Hastalis et de Desori parmi les galets, ou si elle contient au contraire des Hexanchus gigas entre quelques fragments de Carcharodon megalodon !
Doté d’une couche protectrice qui le met à l’abri de tous les types connus à ce jour en matière d’intempéries, ce Phil conducteur possède une corpulence dite « de géologue », qui se révèle être un élément stabilisateur adéquat contre les embruns, coups de vents au sommet des falaises et autres rigueurs du même genre. Ce physique généreux ne constitue d’ailleurs pas seulement un avantage pour l’intéressé, mais également pour ses compagnons de sortie, puisque je me souviens n’avoir jamais hésité à m’engager sur une surface d’eau gelée, pourvu que Phil y soit déjà passé au préalable !
Mais gardons-nous toutefois de nous aventurer trop loin dans ce genre de considérations et surtout - surtout - abstenons-nous de toute conclusion hâtive. Que la gente féminine se rassure : ce supplément adipeux serait le seul point commun naturel qu’il partage avec les phoques !
Notre Phil ne ménage en tous cas jamais ses efforts : je le crois même totalement incapable d’évaluer avec précision la quantité de tonnes de sable et le nombre de mètres cubes de sédiments ou de schistes qu’il a déjà déplacés au cours de ses (tout aussi) innombrables sorties. En outre, quant aux conditions dans lesquelles les prospections se déroulent, même les plus défavorables, je ne connais pas grand chose qui le rebute, puisque je garde toujours en mémoire ce souvenir de mes premières excursions dans le Nord de la Belgique, menées en sa compagnie par moins 15 degrés, sur des plaines de sable balayées par un vent glacial, pour y trouver des dents de requins, visibles certes, mais qu’il était impossible de prélever parce qu’elles étaient toutes soudées au sol.
Par le gel….
Et puisque je me remémore d’autres sorties qui se firent aux mêmes endroits, mais par plus de 35 degrés à l’ombre, sans qu’il y en ait eu, cela vous place les limites de la prospection cooremanifère dans une marge non définitive des cinquante degrés centigrades.
Mais il y a plus déroutant encore !
Il vous faut avoir entendu le copain Phil faisant tomber, avec une régularité de métronome, des échantillons dans une des nombreuses boîtes qui l’accompagnent, pour ne pas manquer de vous interroger sur votre propre faculté à trouver des fossiles. Il y a de quoi vous faire peur, surtout par le fait qu’il est souvent sur vos propres traces, occupé à emprunter exactement le même chemin que celui que vous venez vous-même de parcourir quelques instants auparavant ! De quoi en tout cas vous faire sérieusement douter de vos propres capacités en matière de prospection paléontologique, ou au moins vous inciter à consulter un ophtalmologue de toute urgence.
Pire !
 
A l’entendre vous dire d’un air détaché, « Et celles-là, tu ne les prends pas ? », vous vous interrogez sur le point de savoir quelle attitude adopter : cacher votre dépit en hésitant entre deux options, soit tenter de rendre un air faussement innocent, dans le style « Oh non, j’en avais déjà tellement, je te les ai laissées » et vous taire, en attendant le moment le plus propice pour lui planter votre marteau de géologue entre les omoplates !
Amateur éclairé, voire un brin illuminé, Phil Fossil est animé par un feu sacré dont semblent manquer ces quelques professionnels qui consacrent plus d’énergie à vilipender sans nuance et sans distinction tous les amateurs, pourtant souvent motivés par de bons sentiments, plutôt qu’à faire progresser autre chose que leur propre notoriété personnelle.
Informaticien de formation, Phil n’est peut-être Paléontologue, lui, mais c’est tout comme !
 
Dominique Van Espen
Par Dominique Van Espen
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Vendredi 9 février 2007
Editorial
 
Qu’est-ce qui différencie "Homo sapiens" des autres espèces animales ?
 
L’Homme a longtemps cru qu’il existait une frontière nette et franche entre lui et les autres espèces animales. Cette vision est aujourd’hui, heureusement, complètement dénuée de fondement. Cependant, beaucoup d’individus croient encore que nous sommes la finalité du monde vivant et que l’Univers sans la conscience humaine n’a pas de signification, ni même d’existence. Je pense que nous devons nous faire à l’idée que la présence d’ Homo sapiens ne change en rien la réalité physique de ce monde dans lequel notre espèce apparaît durant un instant infiniment court par rapport aux 15 milliards d’années déjà écoulées. Sans l’Humanité, l’Univers ne se porterait pas plus mal !
Un des nombreux critères de différenciation entre nous et les autres a été la bipédie. Les découvertes paléontologiques et l’étude de divers moyens de locomotion chez les primates actuels ont prouvé que l’homme moderne n’est pas le seul primate capable de se déplacer dans la position verticale sur ses deux pieds [1]. Une autre idée préconçue était la flèche du progrès qui amenait inévitablement l’évolution à l’Homo sapiens. Les dernières trouvailles en matière de fossiles ont conforté l’idée d’évolution buissonnante, rendant la généalogie des Hominidés très complexe. Homo a côtoyé d’autres espèces dont la morphologie était très proche de la sienne : même stature plus ou moins adaptée à la position verticale, cerveau dont la capacité et la conformation se rapprochaient progressivement de celle que nous possédons actuellement [2]. La découverte récente de l’Homo floresiensis, petit hominidé trouvé dans l’île de Florès, en Indonésie, semble être l’une des plus importantes des dernières décennies. Elle signifie non seulement qu’une autre espèce humaine a coexisté avec nos ancêtres jusqu’à une période récente (13.000 ans), mais aussi que notre genre offre une diversité plus large que l’on ne pensait [3].
La fabrication de l’outil a également été un critère de sélection. Pourtant, de nombreux animaux utilisent des objets trouvés dans leur environnement qu’ils façonnent afin d’en faire une sorte d’outil. Ainsi, à part les exemples de technicité bien connus des chimpanzés, citons le corbeau calédonien qui utilise une palette d’outils la plus originale du règne animal : dans les feuilles dures du pandanus (arbre tropical), il découpe des sortes de « fourchettes à escargots » de différentes largeurs, ou taille des branchettes de sorte que leur extrémité se termine par un crochet [4].
Même dans le comportement, la culture ou l’attitude sociale, on peut déceler des analogies. Un nouveau champ de recherche – l’étude du comportement économique des animaux – a révélé que les comportements de base, telle la réciprocité, la coopération ou la répartition des récompenses, n’ont rien de spécifiquement humain [5]. L’observation récente des grands singes a montré que lorsqu’ils présentent certains symptômes pathologiques, ils sélectionnaient des plantes spécifiques aux propriétés pharmacologiques certifiées qu’ils ingurgitaient à titre d’automédication [6].
Enfin, la conscience peut-elle être le garant de tout ce que nous considérons comme humain, de ce qui nous est le plus précieux. Les dernières avancées en neurobiologie montrent que le processus de la conscience est une manifestation dynamique de l’activité de populations de neurones réparties dans de nombreuses aires différentes du cerveau. N’oublions pas que la conscience, comme tout ce qui appartient au vivant, est le résultat de l’évolution et que ses bases neuronales se sont installées progressivement, permettant de dire qu’elle s’est développée chez certains animaux. [7].
Nous pouvons affirmer que nous faisons partie de la grande chaîne de l’évolution et que notre situation au sommet de l’Arbre de la Vie est temporaire. Le temps suffit amplement pour qu’une lignée plus prometteuse se détache d’un autre rameau et que le nôtre dépérisse [8].
Robert Six


[1] Berillon F., Marchal F. – Les multiples bipédies des hominidés, in Pour la Science – N° 330, avril 2005.
[2] Wong K. – Les débuts de la lignée humaine, in Pour la Science – N° 307, mai 2003.
[3] Wong K. - Le plus petit humain, in Pour la Science – N° 329, mars 2005.
[4] Holzhaider J., Hunt G. – Rusé comme… un corbeau, in Pour la Science – N° 324, octobre 2004.
[5] de Waal F. – Le commerce chez les animaux, in Pour la Science – N° 331, mai 2005.
[6] Krief S. – La pharmacopée des chimpanzés, in Pour la Science – N°325, novembre 2004.
[7] Edelman G.M. – Plus vaste que le ciel – Une nouvelle théorie générale du cerveau, Odile Jacobs, Sciences, Paris, 2004.
[8] De Duve C. – A l’écoute du vivant, Odile Jacobs, Sciences, Paris, 2002.
Par Robert Six
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Jeudi 22 février 2007
EDITORIAL
 
 
Titres racoleurs s’abstenir !
 
La vulgarisation scientifique à tendance « consommation de masse » me laissera décidément toujours rêveur.
 
Tenez, prenons une revue mensuelle au hasard. Mais alors au hasard hein, parce que je ne voudrais pas que notre président- éditeur-responsable ait des ennuis avec les intéressés. La revue française « Science & Vie », pour ne pas la nommer. Mais remarquez que le raisonnement pourrait être le même des autres publications, fleurons du genre, telles que « Ca m’intéresse » ou autre « Science et Avenir ».
 
J’ai choisi quelques titres au hasard, en éliminant d’emblée le sujet « du jour » -pour cause de « Da Vinci code » évidemment - intitulé « Le dossier Jésus : vie secrète, descendance, clonage »
 
Tout un programme ! Et encore passera-t-on sous silence cette récente annonce de la découverte d’un « Evangile selon Judas », selon laquelle ce dernier n’aurait pas été celui que l’on avait cru. Non, je parle de l’information sérieuse, celle qui est supposée faire état de données objectives et circonstanciées. 
 
Enfin presque.
 
Le premier titre a attirer mon attention avait été : « Un très vieux singe dormait au musée ». Ne cherchez pas déjà un nom parmi vos proches connaissances, puisqu’il s’agit d’un crâne de primate, baptisé Killikaike blakei, qui viendrait d’être retrouvé fortuitement par un paléontologue argentin dans un musée de l’université de Patagonie. A l’instar de notre spécimen de « Max de Strud », en quelque sorte, oublié pendant un bon siècle dans des collections poussiéreuses.
 
On finira par se dire que certains feraient peut-être bien de mieux ranger leurs affaires… Et en fait d’annonce, voire de célébrité éphémère, je ne peux résister à l’envie de mentionner celle entendue à la télévision, au moment d’écrire ces lignes, qu’on aurait réussi à extraire l’ADN des restes de ce fameux « jeune » fossile (comprendre fossile d’un jeune homme de Neandertal) trouvés voici une dizaine d’année dans la grotte de Sclayn, près d’Andenne.
 
Ce qui soit dit en passant n’est vraiment pas loin, géographiquement parlant, du site du Dévonien dont question plus haut. Mais pour en revenir aux autres titres ronflants typiques des revues de vulgarisation, nous passerons sans nous attarder sur ceux du genre «  La vraie source du Nil découverte », « Les combats de gladiateurs n’étaient pas si sanguinaires » (ben voyons !), « Le canari ne chante que d’une façon mécanique » (cela change ma vie) ou autre « Courir en groupe enrichit le cerveau ».
 
Ce qui est dorénavant sûr, c’est qu’il doit y en avoir beaucoup qui marchent désespérément seuls !
 
Mais je vous laisse juges de l’ensemble.
 
Quant à cet autre effet d’annonce qui laisse rêveur, celui qui veut que les scientifiques aient enfin découvert où s’accouplaient les poissons des abysses, je me bornerai à suggérer que si les spécialistes ont effectué une telle avancée dans la connaissance de la vie dans les profondeurs, c’est peut-être simplement parce qu’ils ont enfin pensé à allumer les lumières…
Ce qui rassure, en définitive, c’est que tout sujet quel qu’il soit semble mériter qu’on s’y attarde, même si l’on peut s’interroger sur la finalité profonde que recherchent ces  scientifiques qui se posent des questions existentielles du genre :
« Est-on moins mouillé si on court ou si on marche quand il pleut ? »
Là également, je me contenterai de rappeler pour ma part ma modeste, seule et unique contribution à l’avancée de la logique élémentaire, par le vieux théorème implacable selon lequel « Plus tu pédales moins fort et moins tu avances plus vite »
Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin, le titre le plus savoureux qui m’ait interpellé dans la même publication « Science & Vie » du mois de mai 2006.
 
« L’arôme de vanille peut s’extraire de la bouse de vache »
 
Selon une étude japonaise ! Sans doute est-ce une précision utile à la compréhension de la chose, si tant est qu’on ne devra pas bientôt s’attaquer à la tragédie méconnue de la consommation de saké dans les laboratoires. Parce qu’avoir songé à tenter cette expérience en dit long sur leur état mental : cuite pendant une heure et pressurisée, la bouse de vache libèrerait de la vanilline, le composé aromatique normalement extrait des gousses de vanille. Les chercheurs se sont toutefois empressés de préciser que le parfum de cette gâterie tant appréciée ne proviendrait pas seulement de la vanilline, mais de plusieurs dizaines d’autres composés aromatiques.
 
Cela rassure. La découverte permettrait en tout cas de produire dorénavant des arômes de vanille à base de déjections de vache. Mais pour des produits non alimentaires, est-il précisé dans le communiqué de presse. Histoire sans aucun doute d’apaiser les craintes du consommateur, parmi lesquels figureront certains de nos éminents membres, ceux qui consomment chaque année, à l’occasion d’un barbecue bien connu, quelques échantillons de glace artisanale, dont une au « goût vanille ».
 
Tiens à propos, dans une ferme de quelle localité aura-t-il encore lieu, ce fameux barbecue de la rentrée académique…
 
            Bousval, non ?
 
 
Dominique VANESPEN
Par Dominique Van Espen
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